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L’innovation est québécoise, la valeur devrait l’être aussi
Le Québec regorge d’idées, de chercheurs et de jeunes entreprises prometteuses, mais peine à transformer ses innovations en entreprises d’envergure et en actifs intellectuels stratégiques contrôlés localement. Ce constat s’inscrit dans un diagnostic économique plus large : la Banque du Canada souligne l’absence de croissance de productivité au pays, tandis que Statistique Canada évoque un paradoxe où les capacités technologiques ne se traduisent pas suffisamment en gains de productivité ou de commercialisation.
Bien que le Québec ait démontré sa capacité à faire émerger des entreprises technologiques de calibre mondial, plusieurs de ces réussites se soldent par une acquisition étrangère accompagnée d’un transfert de la propriété intellectuelle, limitant ainsi la capacité collective à capter durablement la valeur créée. À l’inverse, plusieurs grandes économies traitent leurs brevets comme des actifs stratégiques soutenant leur souveraineté technologique, une logique que reprend un manifeste récent signé par des chefs de file technologiques européens comme Airbus, ASML et Siemens. Le principal défi du Québec se situerait donc moins au démarrage qu’au moment du passage à l’échelle, faute de capital patient et d’une gestion plus stratégique de la propriété intellectuelle.
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