Accélérez les idées de génie. Inscrivez-vous à notre infolettre L’étincelle pour suivre nos actualités.
L’urgence d’une masse critique en propriété intellectuelle au Québec et au Canada
Le 25 août dernier, le Conference Board du Canada a publié une étude majeure sur l’état de la propriété intellectuelle au Canada. Ses conclusions sont claires et invitent à la réflexion: le Canada affiche une activité riche en innovations et en création de propriété intellectuelle dans certains secteurs clés, mais tire de l’arrière dans plusieurs autres domaines stratégiques, ce qui affaiblit la compétitivité de son économie à l’échelle mondiale.
Le Canada se distingue dans des secteurs comme les sciences de la vie, l’aérospatiale et les technologies propres, mais fait moins bonne figure dans le numérique, les télécommunications et l’agroalimentaire.
Le défi principal réside dans la nécessité d’atteindre une masse critique de propriété intellectuelle (portefeuille de brevets) dans les différents domaines névralgiques de l’économie. Dans un monde où le savoir revêt une importance stratégique, ce n’est pas seulement le savoir qui compte, mais également à qui il appartient.
Aujourd’hui, le Canada compte en moyenne deux fois moins de brevets par titulaire que la norme mondiale et seulement 49 détenteurs de plus de 100 familles de brevets ou plus, alors que les comparaisons internationales suggèrent qu’on devrait en compter environ 168. Ce constat met en lumière non seulement une faiblesse, mais une occasion stratégique d’agir collectivement pour renforcer notre compétitivité.
Les atouts sont nombreux et porteurs d’avenir. Dans les sciences de la vie, le Canada se classe 4e au monde pour les essais cliniques. Le Québec joue un rôle de premier plan, regroupant à lui seul plus de 40% de l’industrie biopharmaceutique canadienne.
En technologies propres, le pays contribue à 20% des projets mondiaux de captage, d’utilisation et de stockage du carbone. Ces réussites démontrent la force de notre écosystème et ouvrent la voie à un potentiel encore plus grand si nous parvenons à mieux structurer notre propriété intellectuelle.
Pour le Québec, qui se distingue par ses pôles d’excellence en intelligence artificielle, en sciences de la vie, en aérospatiale, en technologies propres ainsi qu’en technologies quantiques émergentes, ces constats résonnent comme une invitation à consolider et à amplifier nos acquis.
En d’autres mots, atteindre une masse critique en propriété intellectuelle dans les secteurs porteurs de notre économie constitue un passage incontournable. C’est ce qui permet de transformer notre savoir en véritable leadership économique et industriel, au service d’une prospérité durable et du bien-être collectif.
Dans cette optique, plusieurs avenues méritent d’être explorées. Parmi elles, développer la capacité de convertir à grande échelle les inventions (les idées), en innovations (produits, processus, savoir-faire ou technologies pouvant être mis en marché), dans des créneaux prioritaires, par l’intermédiaire du transfert de la propriété intellectuelle vers un preneur (OBNL, entreprises ou organisations gouvernementales).
Les établissements pourraient mettre en commun certains de leurs actifs dits « intangibles » afin de les valoriser de manière coordonnée et en misant sur les synergies disponibles. Des modèles comparables existent déjà ailleurs dans le monde, parfois avec un caractère obligatoire dans des secteurs stratégiques liés aux intérêts nationaux.
Sans aller jusque-là, le Québec pourrait utilement s’inspirer de ces modèles pour adopter une approche collaborative adaptée à notre réalité et à nos besoins.
Nous saluons le Conference Board du Canada pour ce rapport éclairant. Il apporte une base solide à un débat nécessaire sur l’avenir de l’innovation au pays et au Québec. Ce qu’il nous faut maintenant, c’est une mobilisation collective pour transformer nos îlots d’innovation en un archipel solide et compétitif, capable de rayonner à l’échelle internationale.
Lire l’article complet dans Les Affaires