Accélérez les idées de génie. Inscrivez-vous à notre infolettre L’étincelle pour suivre nos actualités.
Rapport Numinor Conseil (2019) – Valorisation universitaire au Québec
Le rapport Numinor Conseil dresse un diagnostic clair des défis structurels qui freinent la valorisation de la recherche universitaire au Québec. En comparant le modèle québécois à l’expérience américaine du Bayh-Dole Act, le document rappelle que lorsque les universités disposent de mécanismes robustes pour protéger et commercialiser leurs découvertes, les retombées économiques peuvent être considérables : aux États-Unis, les brevets licenciés entre 1996 et 2013 auraient généré plus de 1,2 trillion de dollars et 3,8 millions d’emplois. À l’inverse, bien que le Canada investisse fortement en recherche, il convertit peu ces investissements en innovations commercialisées, se classant loin derrière en termes de rendement.
Le rapport souligne que le Québec s’appuie largement sur la recherche partenariale, dont la part est passée de 6 % à 17 % en une quinzaine d’années – beaucoup plus qu’aux États-Unis. Si ces partenariats permettent aux entreprises d’améliorer leur compétitivité, ils contribuent aussi, selon Numinor, à limiter la valorisation indépendante : les droits sur la propriété intellectuelle sont souvent concédés aux partenaires industriels, réduisant les occasions de créer des technologies de rupture susceptibles de générer des retombées à long terme. Ce contexte est accentué par le faible nombre de déclarations d’invention rapportées, bien en deçà du potentiel estimé. Le manque d’incitatifs pour les chercheurs – puisque la valorisation n’influence généralement pas leur carrière – constitue un frein majeur.
Le rapport met aussi en lumière un manque d’harmonisation entre les structures de valorisation universitaires (SVU), des processus non standardisés et des tensions possibles avec les bureaux de liaison industriels. Il recommande une mutualisation accrue des ressources, la consolidation des petites unités autour de structures plus fortes, et l’accès partagé à des expertises spécialisées, notamment en protection de la propriété intellectuelle.
Enfin, Numinor insiste sur le rôle déterminant de l’État. Pour assurer un système performant, les ministères doivent réaffirmer la valorisation comme mission centrale du réseau universitaire, soutenir la maturation des technologies de rupture et renforcer la reddition de comptes. L’objectif : bâtir un dispositif intégré, efficace et capable de transformer davantage la recherche publique en innovations créatrices de valeur.
Pour lire le résumé du rapport Numinor Conseil